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Nadi Ken (1)

Posted by
PAPOU (Aubusson (Creuse), France) on 11 June 2015 in People & Portrait and Portfolio.

« Le Grand café au centre de la place de Servian.
En terrasse, un consommateur attire mon attention. Il boit une bière. Derrière lui se tiennent ses animaux de compagnie, un chien, un chat qui ne se quitte pas d'une patte. Je m'approche et lui demande l'autorisation de le photographier. Il lève son regard tendre vers moi et son visage s'illumine d'un grand sourire qu'il masque d'une main maligne. « Vous voulez me photographier parce que je suis sans dents» Je ne sais si ce trait d'humour à a voir avec notre président de la république. Je bafouille. M'excuse. Je sens que mon embarras l'amuse. Avec ses cheveux coupés courts, en bataille, sa tenue sport, ce que j'ai pris pour un homme est en fait une femme au regard d'enfant. Elle m'invite à m'asseoir. Mon amie se joins à nous. Elle se présente Nadi Ken. Elle regarde son auditoire. Réponds à nos questions pressées. Et voilà que comme dans un conte d'Isak Dinesen, la belle rieuse fait revivre le Paris des années cinquante, soixante lorsqu'elle posait nue pour les peintres et les sculpteurs de Montparnasse,
A cette époque elle fréquentait artistes et intellectuels dans les clubs de St Germain comme Jacques Prévert qui écrira pour elle ce poème :

quelque part, tout près, Nadi est encore
une enfant.
Une enfant qui peint des enfants, avec
tendresse, détresse, ingénuité.
enfants d'enfants ou de grandes personnes
enfants enfantins parfois
enfants de fait-divers et de contes de fées,
innocentes victimes du devoir conjugal
ou radieux souvenirs de l'amour partagé.


Ses amis pousseront Nadi ken à présenter et surtout vendre son travail de peintre. Car Nadi dessine et peint depuis toujours. Des paysages, des natures mortes, mais surtout des visages d'enfants aux regards pleins de sensibilité, d'amour, d'espoir. Son métier de peintre elle l'a appris sur le tas. Celui des étudiants et artistes qui fréquentent le Café de Flore, La Rhumerie, l'Aquavit. C'est en 1954 qu'elle commencera à vendre ses premiers portraits au café de Flore sur les trottoirs de St Germain des prés. Dès 1956 elle vendra ses toiles à des personnalités.
Quelle trajectoire que celle de Nadi Ken, une artiste cotée, connue et reconnue dans le monde de l'art. Mais le monde de l'art, elle ne s'en soucis guère. Elle a vendu ses toiles par lot, galeristes et acquéreurs se les bataille. Au monde de l'art, elle préfère la sérénité de l'anonymat.
A quatorze heures, Nadi Ken se lève. Dans les volutes de fumée de sa cigarette elle s'évapore en compagnie de son chien et de son chat comme un enfant de conte de fées. Peindre, tout simlement.